Les terres à grès sont des argiles secondaires ou sédimentaires, plastiques dont la vitrification s’effectue de 1 200°C à 1 300°C environ. Cuites, leur couleur va du chamois ou gris clair à un gris plus foncé ou au brun.

Elles varient beaucoup dans leur plasticité et leur température de cuisson et il n’y a pas de distinction bien nette entre les terres à feu ou à grès. En fait, la classification des types d’argile repose plus sur leur utilisation céramique que sur leur véritable nature chimique ou physique ou sur leur origine géologique. La même argile peut très bien être employée à la fois comme terre réfractaire pour faire des briques à feu et pour la fabrication de grès cuisant à haute température.

La seule limitation étant la présence de composés chimiques favorisant la fusion à ce niveau de température.

Les oxydes métalliques, les composés alcalins ou acides, les sels ont pour effet systématique d’abaisser la température de fusion de la terre en la rendant impropre à la cuisson à haute température : la terre fond littéralement et le tesson s’affaisse comme un verre.

Bien des argiles sont utilisables pour la fabrication du grès sans aucune modification. Elles peuvent avoir exactement la plasticité requise pour le tournage et présenter les caractères spécifiques du grès quant au séchage et à la cuisson.

Les petits ateliers du siècle dernier, qui produisaient de la poterie utilitaire, employaient d’habitude une terre à grès extraite dans le voisinage et préparée sans aucune autre addition. Ce genre de pâte naturelle peut donner des couleurs et des textures très agréables et bien prendre les engobes et les glaçures pour grès à hautes températures.

Après la porcelaine véritable, le grès occupe la deuxième place dans la production de poteries artisanales de qualité.

Le grès est employé depuis l'antiquité, et toujours actuellement de façon industrielle pour la production de canalisations, notamment pour l'assainissement. Pour cette utilisation, il est considéré comme un matériau plus durable que les matières plastiques ou la fonte, mais est légèrement plus difficile à mettre en œuvre, et n'est pas adapté aux fortes pressions.

Dans le bâtiment, le grès étiré ou pressé est utilisé pour réaliser des carrelages de sol résistant. Le grès pressé, teinté dans la masse, est nettement plus dur et résistant que le grès émaillé.